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Glyphosate : La Wallonie interdit l’herbicide controversé !
L.delvaux  •  31 mai 2017  •  Agriculture

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L’interdiction d’utilisation du glyphosate par les particuliers entre en vigueur ce 1er juin en Wallonie ! Elle découle de l’arrêté adopté ce 30 mars dernier par le Gouvernement wallon. Cet arrêté encadre également la vente des produits contenant cet herbicide autorisé par le Fédéral via une obligation de délivrance du produit en magasin par un vendeur disposant d’une formation adéquate. La Fédération salue ce pas important vers une restriction de l’utilisation des pesticides par les particuliers et les professionnels des secteurs verts indispensable à la protection de la santé des citoyens et à la protection de l’environnement. Elle salue également la décision du Ministre Borsus d’interdire prochainement la mise sur le marché des herbicides à base de glyphosate pour les particuliers, et demande un renforcement des évaluations des pesticides, tant au niveau européen que fédéral...

En 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié le glyphosate de «  probablement cancérogène  » pour l’homme. Dans le cadre de la procédure de réévaluation de cette substance, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et dernièrement l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) ont conclu que le glyphosate ne l’était pas. Leurs avis posent cependant de nombreuses questions quant à la procédure d’évaluation des pesticides et notamment les données sur lesquelles elles se basent. Pour réaliser son évaluation, le CIRC s’est basé sur les études publiées dans les revues à comité de lecture, alors que l’EFSA et l’ECHA disposaient des études réalisées par l’industrie chimique, confidentielles. Récemment, les Monsanto Papers ont démontré que cette firme pouvait « acheter la science » et produire par ce biais des rapports favorables à son herbicide le plus rentable (lié à la technologie OGM). Les divergences entre les avis des autorités européennes et du CIRC résultent donc principalement des études prises en compte dans l’évaluation.

Face à ces controverses, la Wallonie a décidé d’avancer et interdit dès ce 1er juin l’utilisation des herbicides de glyphosate par les particuliers. Cette mesure sera prochainement suivie par une interdiction de mise sur le marché de ces produits par les autorités fédérales, comme l’a annoncé le Ministre Borsus. Au vu des mésusages et des nombreuses alternatives disponibles aujourd’hui pour les particuliers, nous ne pouvons que nous réjouir de ces décisions. Il est évident qu’elles devront être suivies par des mesures de réduction d’utilisation des ces produits par les agriculteurs - qui devraient être intégrées dans les différents plans (fédéraux et régionaux) de réduction des pesticides.

Mais il est nécessaire d’aller plus loin dans ces démarches. La Fédération plaide pour l’adoption par les autorités européennes et fédérales de dispositions assurant que l’évaluation des pesticides soit réalisée sur base d’études publiées, revues par les paires. Elle plaide également pour les études réalisées par l’industrie fasse l’objet de contrôle qualité par la réalisation d’études indépendantes. Les autorités compétentes dans la mise sur le marché ne peuvent décemment plus s’appuyer sur des études produites par l’industrie, non publiées et produites par des acteurs économiques capable de financer directement des publication pour blanchir leur produits.

Soulignons enfin que L’utilisation des herbicides à base de glyphosate est également très problématique pour la protection des eaux de surface. L’agréation octroyée par le Fédéral et les dispositions régionales limitent depuis le 1er juin 2014 drastiquement les possibilités d’utilisation des pesticides dès lors que le traitement est réalisé sur une surface imperméable à proximité ou en connexion avec les eaux de surface. Dans les faits, les données relatives à l’utilisation démontrent clairement que ces mesures ne sont pas respectées. Plus de 60.000 kg de produit à base de roundup ont été vendus en 2014 ce qui correspond à une surface traitée potentielle de plus de 40.000 ha - soit 66% des surfaces de jardin de notre pays.




 
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