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Témoignage : comment ne pas perdre espoir ?
Juliette Walckiers  •  19 janvier 2017

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Malgré les chiffres, les constats et les prévisions issus du monde scientifique, malgré les alertes, les appels à agir et l’urgence rappelés sans cesse par les ONG, nous sommes nombreux.ses à relativiser d’une manière ou d’une autre la situation actuelle.

Pourquoi nier la réalité qui nous entoure ? Incapacité à se remettre en question ? Peur du changement ? Ou crainte du désespoir ?…

En tant que chargée de mission en mobilité à IEW, je fais partie de ces lanceurs d’alerte et parfois donneurs de leçons : « notre système de mobilité engendre des milliers de morts chaque année en Belgique », « nous devons revoir fondamentalement notre manière de vivre et de nous déplacer », « la technologie seule ne pourra répondre aux nombreux enjeux  », etc. Ma motivation et mon engagement quotidien découle de la conviction qu’il est possible de construire ensemble un monde meilleur, dans le respect de chacun et de la nature, et pour un bonheur plus grand et mieux partagé. J’ai besoin de cette ligne de mire, ce monde de bisounours que j’entre-aperçois au loin, au bout d’un chemin, certes semé d’embûches, mais pas sans issue. Cet espoir fort, que certains nommeront espérance, donne sens à chacun de mes gestes et à mes combats. Je veux croire en la capacité de l’homme à prendre le destin des hommes en main. Cette croyance, c’est presqu’une question de survie pour moi. Sinon, à quoi bon. Et comment transmettre le goût de la vie et du vivre ensemble à mes enfants si tout ce qui nous attend est de l’ordre du cauchemar ? J’ai besoin de croire que le changement est possible et proche pour continuer à entamer mes journées avec le sourire. « Oui, nous allons y arriver ! »

Du coup, moi aussi, j’ai beaucoup de difficultés à admettre qu’il est déjà trop tard à de nombreux égards. Pourtant c’est le cas. Nous dépasserons les 2 degrés de réchauffement climatique, il paraît que c’est certain, et cela fera disparaître l’habitat de nombreuses espèces vivantes, et aussi des êtres humains. Notre environnement a déjà atteint un tel niveau de pollution (air, eau, sol) que la diversité de la faune et la flore présente sur la terre est irréversiblement touchée. Qu’il est difficile d’être lucide.

Tout est-il pour autant perdu ? Faut-il baisser les bras ? Tomber dans le fatalisme serait sans doute la plus grosse erreur, car les perspectives pourraient être plus sombres encore, malheureusement. Si certaines catastrophes sont devenues inévitables, nous devons peut-être nous préparer à les affronter plutôt que continuer à feindre d’essayer de les empêcher ? Et quand même faire en sorte que d’autres catastrophes ne deviennent pas, à leur tour, inévitables… Ce n’est pas vraiment ce monde que je voulais faire découvrir à mes enfants. Où sont les bisounours  ?

Retrouvez les autres articles de la nIEWs 200 spéciale "Effondrement"




 
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