La Fédération
 
Opinions
 
Actualité
 
Actions !
 
Campagnes
Mobilité
 
Aménagement du territoire
 
Energie, climat
 
Economie
 
Agriculture, nature
 
Pollution, environnement, santé
Formations & Appui
 
Newsletters
 
Danger sur Paris : les transports aériens et maritimes internationaux pourraient échapper à tout objectif climatique
Pierre Courbe  •  6 octobre 2015  •  Transport aérien  •  Climat / changements climatiques / Effet de serre  •  Gaz à effet de serre / CO2

-
Les secteurs de l’aviation et du transport maritime internationaux risquent d’être exemptés de tout objectif de réduction des émissions de CO2 dans l’accord climatique qui sera conclu à Paris en décembre. C’est ce qui ressort du dernier projet d’accord en cours de négociation. Pour les ONG d’environnement, il s’agit là d’un virage à 180° tout à fait irresponsable. Les projections de croissance des émissions de ces deux secteurs sont de 250% en 2050 à politique inchangée, ce qui est vouerait à l’échec toute tentative de limitation du réchauffement global à 2°C.

Les négociateurs ont donc retiré du projet d’accord climatique pour Paris les demandes d’objectifs de réduction d’émissions pour les transports aérien et maritime internationaux. Et pourtant… L’aviation est responsable de 5% du réchauffement global et le transport maritime émet 3% du CO2 imputable aux activités humaines. Ce qui n’a pas empêché le secrétaire général de l’Organisation maritime internationale (IMO) Koji Sekimizu de tout récemment s’opposer publiquement à toute limitation des émissions du transport maritime, prenant prétexte du fait que cela nuirait au commerce international.

Les propositions des pays les moins développés (qui sont également ceux qui risquent de souffrir le plus des bouleversements climatiques) de faire participer les secteurs aérien et maritime au financement de la lutte contre les changements climatiques ont également été retirées du projet d’accord. Ceci en dépit des appels clairs du FMI et de la Banque Mondiale en faveur de telles contributions financières.

Les ONG considèrent qu’il s’agit là d’un coup fatal porté à la stratégie globale de lutte contre les changements climatiques. Sans un signal clair de la conférence des parties (COP), l’IMO est incapable de prendre les décisions nécessaires pour amener le secteur à participer équitablement à la réduction des émissions. Ceci ressort clairement des déclarations récentes du secrétaire général de l’IMO comme le relève très judicieusement l’ONG Seas at risk.

Pour Bill Hemmings, responsable aviation et transport maritime à la fédération européenne Transport and Environment (T&E) : "les transports aériens et maritimes internationaux ont des impacts climatiques respectivement comparables à ceux de l’Allemagne et de la Corée du Sud. Les carburants qu’ils utilisent sont exempts de toute taxe et ils sont maintenant en passe de jouir également d’un régime d’exception en matière d’émissions de gaz à effet de serre. C’est une trahison envers les générations futures et une triste démonstration de la manière dont les Nations Unies sont devenues soumises à certains intérêts financiers à court terme."

Les discussions "pré-COP" se clôturent à Bonn le 19 octobre. Sans un salutaire sursaut dans les tout prochains jours, le risque est grand de voir le sommet parisien accoucher d’une souris dépourvue de toute ambition...




 
Voir aussi
Dans la même rubrique
Soutiens