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Importation d’OGM : la Commission européenne fâche tout le monde
Fil d’infos  •  23 avril 2015  •  OGM  •  Agriculture  •  Alimentation

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La Commission européenne a proposé ce mercredi 22 avril une réforme des règles d’importations des OGM qui faciliterait leur entrée dans l’Union en échange de la possibilité pour les Etats de bannir leur utilisation.Cela reflète la volonté du président de l’exécutif européen, Jean-Claude Juncker, de mieux « prendre en compte les préoccupations » et sensibilités des Etats et citoyens européens, a souligné la commissaire Margrethe Vestager, lors d’un point de presse. Mais la proposition fait l’unanimité contre elle : l’industrie OGM et agricole y voit un obstacle aux affaires tandis que les défenseurs de l’environnementalistes accusent la Commission de s’exonérer de ses responsabilités.
L’Union européenne a déjà avalisé le mois dernier une réforme similaire portant cette fois sur l’autorisation des cultures OGM.

Concrètement, la proposition sur la table maintient le système actuel contraignant la Commission à ouvrir le territoire européen aux importations d’OGM si l’Agence de sécurité alimentaire conclut qu’ils sont sans risque et en l’absence de majorité de blocage des Etats. Elle introduit cependant la possibilité pour les Etats de refuser l’utilisation d’OGM sur leur territoire s’ils peuvent invoquer « des motifs légitimes ».

En vertu des règles actuelles, 58 OGM ont reçu l’autorisation d’importation dans l’UE, essentiellement pour l’alimentation animale. A chaque fois, l’exécutif européen a dû trancher, même en traînant les pieds, faute de consensus au sein des Etats (environ 40 % pour, 35 % contre et 25 % abstentionnistes).

La proposition de la Commission doit à présent être négociée entre les Etats et le Parlement européen mais, selon une source européenne, les autorisations de 17 OGM destinés au fourrage devraient être débloquées sans attendre.

Violation des engagements pris

Cinq organisations environnementales, dont Greenpeace et les Amis de la Terre, ont dénoncé ce projet comme une violation des engagements pris par M. Juncker pour une gestion plus démocratique de la question. Greenpeace a pointé le risque « de sacrifier les intérêts des Européens sur l’autel de l’accord de libre-échange avec les Etats-Unis ».

En face, au nom des producteurs américains, la Biotech Crops Alliance a dénoncé une « fragmentation  » du marché unique et a laissé planer la menace d’un recours devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC). « L’administration américaine a fait tous les étages à Bruxelles contre le projet », a confié à l’AFP une source proche du dossier.

Quatorze associations représentant l’agro-industrie européenne, dont la Copa-Cogeca, le principal lobby agricole de l’UE, se sont quant à elle opposées à toute « renationalisation » des autorisations au vu de la dépendance de l’élevage européen envers le fourrage OGM.

La question divise au sein même de la Commission où M.Juncker aurait « choisi de passer en force pour se débarrasser de la patate chaude », selon la même source de l’AFP. Les commissaires socialistes français, Pierre Moscovici, et maltais, Karmenu Vella, jugent que le projet ne donne pas assez de garanties juridiques aux Etats choisissant de bannir l’utilisation des OGM, a-t-elle précisé. En face, la libérale suédoise Cécilia Malmström, chargée du Commerce, et le conservateur allemand Günther Oettinger, sont contre toute possibilité d’exemption pour les États.

Affaire à suivre...

Source : lesoir.be

Illustration : Greenpeace Europe




 
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