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Amiante : quand le droit sert l’injustice et dénie les victimes !
Alain Geerts  •  23 novembre 2014  •  Cancer  •  Santé environnement  •  Polluants chimiques

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La Cour suprême italienne vient de casser la décision de la Cour d’appel de Turin qui avait condamné en juin 2013 le propriétaire des usines de fabrication de plaques de fibrociment, le milliardaire et industriel suisse Stephan Schmidheiny à 18 ans de prison pour avoir provoqué volontairement une "catastrophe sanitaire et environnementale permanente" dans les quatre usines italiennes du groupe Eternit. Les victimes de l’amiante deviennent ainsi les victimes d’une injustice flagrante qu’a autorisée le droit italien...

Condamné en 2012 à seize ans de prison pour « catastrophe environnementale », peine alourdie en appel à dix-huit ans et à 89 millions d’euros de dommages et intérêts, M. Schmidheiny a été tout simplement acquitté mercredi. l’avocat général de la première chambre pénale de la Cour suprême italienne, Francesco Mauro Iacoviello, a estimé que les faits incriminés étaient prescrits...

Comme le mentionne le journal Le Monde, Stephan Schmidheiny, n’a jamais assisté à une seule audience de son procès. Classé dans le top 400 des plus grosses fortunes mondiales, il partage son temps entre la Suisse et l’Amérique latine, ses collections d’art et ses actions en faveur de l’environnement. Il se flatte d’avoir conseillé Bill Clinton sur ces questions. De son côté, Romana Blasotti, 85 ans, est retournée chez elle à Casale Monferrato. Elle a suivi toutes les audiences sans jamais faillir. « Je suis fatiguée, dit-elle. Fatiguée de souffrir et de voir les gens mourir autour de moi. Et la déception fait mal à un point que je n’aurais pas imaginé.  » Outre sa fille et son mari, Romana Blasotti a perdu trois autres membres de sa famille. Emportés par l’amiante.

Stephan Schmidheiny complète ainsi le cercle des cyniques responsables d’industries qui, alors que les faits démontrent leur responsabilité dans des catastrophes sanitaires et environnementales, vivent bien, et même souvent très bien. Fabrice Nicolino, dans sa dernière et édifiante enquête sur les produits chimiques et ceux qui les produisent [1] en a épinglé plus d’un.

Pour en savoir plus sur ce procès récent :
En Italie, 3 000 victimes de l’amiante et plus de coupables
Le verdict italien du procès de l’amiante est cassé

Pour en savoir plus sur les épisodes précédents :
Amiante : cynisme privé et lâcheté publique !
Va-t-on enfin « cadrer » l’amiante ?
Amiante, fin d’un demi siècle d’impunité ?
Amiante : 18 ans de prison pour un industriel !


[1Fabrice Nicolino, Un empoisonnement universel, Comment les produits chimiques ont envahi la planète, Les Liens qui Libèrent, 2014



 
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