Les amalgames douteux de Garnier
15 janvier 2013

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Découvrez le greenwashing de la semaine. Il démonte une stratégie de la firme Garnier qui, au rythme d’un véritable feuilleton publicitaire dans la revue "Psychologie" fait des amalgames qui, d’une part verdissent un produit qui manifestement ne devrait pas l’être et par ailleurs s’auto-proclame "Eco-responsable" sans que cela ne soit attesté d’aucune manière par un organisme indépendant.

Le feuilleton débute par cette publicité pour un produit anti-rides dont un des composants (le pro-retinol) serait issu de la nature. Bien, mais n’est-ce pas un peu court ? D’une part on ne sait rien de ce produit et de son origine naturelle, d’autre part on ne sait rien non plus des des autres composants du produit (et une recherche sur le site de Garnier n’apporte aucune information complémentaire). Il y a donc là, de manière manifeste, le recours à des déclarations vagues.

Le second épisode présente la gamme des produits bio de Garnier : Bio Active qui garantit des parfums 100% d’origine naturelle et des soins certifiés biologiques et écologiques par Ecocert, garantis par le label Cosmebio. Rien de particuliers à dire sur la chose : la marque a bien une gamme certifiée "propre", clairement identifiée. Vous remarquerez qu’il y a également dans cette gamme un produit anti-rides, différent donc de celui de la pub précédente, même si, comme le vante la marque, l’un comme l’autre ont une "efficacité prouvée".

Vient enfin le troisième épisode, un tantinet plus long, qui, lui présente la marque dans son ensemble. Garnier y développe une série d’arguments qui la présente comme une marque engagée pour la nature tout en étant inspirée par elle. Et de décliner des actions concrètes auxquelles elle s’engage, tant en matière de bilan C02 que de déchets, de gestion de l’eau et de matières premières biologiques.

Très bien, on ne demande qu’à croire, mais l’on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi Garnier ne nous présente pas de certifications "Iso" ou "Emas", qui seules garantissent que de véritables efforts vérifiés par un organisme indépendant ont été menés dans les matières couvertes par ces "labels".

Deux éléments donc nous incitent à parler de Greenwashing dans ce cas de figure :
- des affirmations très vagues (sur fond d’images très vertes) qui ne nous garantissent rien sur les réels engagements de la firme, si ce n’est dans le cas de la gamme Bio-Active ;
- un phénomène d’assimilation de ce qui est bio et non bio et donc un verdissement de produits qui n’ont pas à l’être grâce à d’autres qui le sont vraiment.

Manipulation donc, fut-elle subtile.