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Le biodiesel d’huile de palme en Belgique : un remède pire que mal
18 avril 2018

Alors que les ministres européens de l’énergie doivent débattre ce jeudi 19 avril de l’avenir de la politique de soutien aux agrocarburants, Inter-Environnement Wallonie, CNCD-11.11.11, Oxfam et FIAN présentent un rapport sur l’utilisation de l’huile de palme dans les agrocarburants consommés en Belgique. Il en ressort un constat accablant : une des principales mesures politiques censée rendre notre mobilité durable s’avère particulièrement nuisible à l’environnement et au climat.

Les ministres de l’énergie vont débattre ce jeudi 19 avril, lors d’un Conseil européen informel, de l’avenir de la politique en matière d’agrocarburants : l’huile de palme pourra-t-elle continuer à être brûlée dans nos moteurs après 2020 ? Y aura-t-il une réduction de l’usage des agrocarburants de première génération d’ici 2030 ? Autant de questions sur lesquelles les autorités Belges sont appelées à se positionner ce jeudi.

Du rapport intitulé « Evaluation de la politique belge d’incorporation d’agrocarburants : le cas de l’huile de palme » réalisé par les ONG belges, il ressort que :

- La surface nécessaire à la production de l’huile de palme brûlée aujourd’hui dans nos moteurs est considérable, équivalente à la superficie totale de la Région bruxelloise ;
- Ceci augmente la pression de déforestation dans les pays du Sud, ainsi que les risques d’expulsion de populations locales et d’accaparement de terres ;
- Au niveau climatique, le bilan du biodiesel d’huile de palme est pire encore que celui du diesel fossile remplacé. Son utilisation actuelle en Belgique produit une augmentation des émissions équivalente à celle qui résulterait d’un doublement du trafic de voitures sur le Ring de Bruxelles ;
- Malgré ces effets néfastes, la quantité de pétrole remplacé reste anecdotique, moins de 0,7% du diesel fossile utilisé en Belgique.

En conséquence, les organisations à l’origine de cette analyse appellent à une révision profonde de la politique menée au niveau belge et européen en matière d’agrocarburants, en particulier au moment où sont prises les décisions pour la décennie 2020-2030, et invitent à envisager d’autres options (qui sont développées dans le rapport complet joint) pour rendre le transport durable.

Une analyse plus large concernant les autres agrocarburants utilisés en Belgique, dont on sait déjà que plusieurs posent aussi problème, sera réalisée dans les prochains mois.

Rapport complet :